Le secteur est très rural autour de la ville, avec une forte proportion de maisons individuelles et de bâti ancien de village : maisons en pierre, anciennes fermes réhabilitées, longères transformées en habitation. Ce type de logement crée des situations qu’on ne rencontre pas dans un appartement standard.
D’abord, les murs. Dans une maison ancienne en pierre, l’épaisseur des murs extérieurs se compte parfois en dizaines de centimètres, et les tableaux de fenêtre sont profonds. Ça mange de la place au sol, ça complique la pose d’un meuble haut à côté d’une ouverture, et ça rend le percement pour une évacuation de hotte beaucoup moins anodin qu’il n’y paraît sur un plan.
Ensuite, les niveaux et les portées. Les rénovations de bâti ancien laissent souvent des sols qui ne sont pas parfaitement plans et des plafonds qui ne sont pas parfaitement horizontaux. Une cuisine linéaire de cinq mètres posée dans une pièce où le sol descend d’un centimètre et demi, c’est un plan de travail qu’il faut caler et une crédence qu’il faut recouper. Un poseur expérimenté gère. Un devis qui n’a rien prévu, non.
Enfin, le chauffage. Dans beaucoup de ces maisons, la cuisine héberge encore un poêle, une cuisinière à bois, ou les départs d’un réseau de chauffage central. Vouloir un linéaire continu sur ce mur-là suppose de savoir ce qu’on déplace, ce qu’on condamne et ce qui doit rester accessible. C’est le genre de détail qui ne se voit pas sur un rendu 3D et qui bloque le jour de la pose.